Le Projet

Présentation d'IWPAR

Objectif global

Améliorer l'inclusion sociale et assurer
un accès durable à un système de protection sociale pour les récupérateurs et recycleurs populaires de déchets à Madagascar, au Vietnam, en Ethiopie et en Colombie.

Objectifs spécifiques

  • Améliorer les conditions de travail des récupérateurs et recycleurs populaires de déchets (IWPR), réduire les facteurs de risque sur la santé.
  • Améliorer l'accès à la sécurité sociale et autres services à l'échelle locale. Insérer ou stabiliser 50 organisations IWPR au niveau de systèmes intégrés de gestion des déchets.
  • Insérer ou stabiliser des coopératives des IWPAR dans la gestion de déchets intégrée.
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Un récupérateur à Antananarivo, Madagascar

Un récupérateur à Antananarivo, Madagascar

Marche de récupérateurs de déchets La marche des récupérateurs de déchets à Bogota le 1er Mars 2011

Localisation

Addis Abeba (Ethiopie)      Ho Chi Minh Ville (Vietnam)      Antananarivo (Madagascar)      Bogota (Colombie)

Durée

1er Janvier
2011
flèche
Fin Décembre
2013

Activités

Etudes

  • sur les statuts, les conditions de travail et l'accès à la protection sociale pour les IWPAR
  • sur le système d'offre de protection sociale à titre formel et à base communautaire dans chaque contexte, le principal risque de santé et déterminer les formes les plus appropriées d'accès à la protection sociale pour les IWPAR
  • sur l'identification des sources stables, légales et sécurisées de matériaux recyclables en plus de partenaires commerciaux pour la revente de matériaux recyclables ou recyclés, et entamer des négociations avec les acteurs privés et publics.

A l'issue du projet, un rapport final basé sur les expériences de 4 pays sera publié, et servira d'outil de plaidoyer pour plus d'inclusion et de protection sociales au niveau local, national et international.

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Renforcement de capacités

Renforcer les IWPAR via la création d'organisations représentatives, des formations sur la citoyenneté ou des aspects techniques et le dialogue avec les autorités locales.

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Sensibilisation et formation

Sensibiliser et former les IWPAR sur l'accès à la protection sociale et aux services connexes et sensibiliser le public sur la question des IWPAR en vue d'une meilleure cohésion sociale.

Collecte de bonnes pratiques et échanges d'expériences

Collecter et traduire des bonnes pratiques sur l'inclusion et la protection sociales des IWPAR (systèmes inclusifs de gestion de déchets).

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Les Bénéficiaires

Qui sont les IWPAR ?

IWPAR - Dakar (© Paul Antoine Pichard)
IWPAR - Dakar © Paul Antoine Pichard

Les ramasseurs et recycleurs de déchets (IWPAR) récupèrent "les matériaux réutilisables et recyclables que d'autres ont mis de côté en tant que déchets" (Samson 2009). Ils sont constitués de différentes catégories: personnes fouillant dans les poubelles, collecteurs informels privés de matières recyclables qui vendent à des intermédiaires ou à des entreprises, ramasseurs/trieurs organisés membres de syndicats, coopératives ou associations. Ils collectent des déchets ménagers, des déchets commerciaux et industriels dans les bennes à ordures municipales.
Certains vivent et travaillent sur les décharges, d'autres travaillent dans les entrepôts de recyclage ou travaillent en tant que trieurs dans les usines de recyclage appartenant à des Organisations communautaires de base (Dias 2010). La plupart des IWPAR viennent de districts périphériques ou sont des migrants des provinces voisines, et ne peuvent conséquemment pas avoir accès au soutien officiel pour régulariser leurs véhicules et accéder à des services sociaux tels que les soins médicaux et l'éducation.

Combien sont-ils ?

Rares sont les études quantitatives sur les IWPAR, la plupart sont de nature qualitative (études ethnographiques, sur les profils sociaux des travailleurs sur des villes ou sites particuliers). Dans le cas des études quantitatives existantes, celles-ci se basent fréquemment sur des petits échantillons, rendant la généralisation difficile. Par ailleurs, la nature de l'activité du travailleur rend l'estimation de la population totale difficile, puisque les IWPAR sont mobiles et que le nombre de la population varie selon les saisons. Enfin, les IPWAR se méfient des recherches effectuées à leur endroit car ils craignent que ces informations soient rendues publiques; cela rend la collecte de données assez difficile.

Une étude de la Banque Mondiale de 1988 estime que les IWPAR représentent 1 à 2 % de la population mondiale (Bartone 1988). En Inde, leur nombre est estimé à 1.5 million de personnes (Chaturvedi 2010); 15,000 à Montevideo, Uruguay et 9,000 à Buenos Aires, Argentine (Schamber et al. 2007).

En Colombie, les IWPAR représentent 18 000 familles à Bogota, 80 000 dans l'ensemble du pays soit 300 000 personnes. A Addis Abeba, les pré-collecteurs de porte à porte de déchets solides sont composés de plus de 600 associations comprenant 104 176 individus dont 50 % de femmes âgées. Les jeunes qui s'engagent dans la collecte de déchets recyclables (porte à porte et terrain) sont appelés «Qorales» et sont au nombre de 240. A Ho Chi Minh Ville, les collecteurs informels de déchets solides sont estimés à environ 2 500 – 3,500, sans compter les fouilleurs de poubelles et les IWPAR occasionnels. Les femmes comptent pour 50%. A Antanarivo, il n'existe pas de données globales, mais en plus des 200 WPR soutenus par Enda, plusieurs milliers de familles ne vivent pas de la collecte de déchets dans les 460 décharges municipales (enda, 2010).

Le Brésil est le seul pays qui mène régulièrement des études et des rapports officiels sur les données statistiques sur les IWPAR.

Combien gagnent-ils ?

Les IWPAR ne sont pas des salariés, leur revenu dépend du poids et de la valeur (qui dépend de prix internationaux de matières premières) des déchets qu'ils ramassent, de leurs régions, du type d'activités et selon qu'ils sont des hommes ou des femmes (les hommes gagnent plus que les femmes et cela, dans tous les groupes d'âges (Informal Economy Budget Analysis in Brazil and Belo Horizonte, WIEGO, 2010). En général, leur salaire dépasse rarement les 80 euros mensuel.

Au Cambodge, les IWPAR gagnent un dollar par jour (ILO/IPEC 2004). A Santa Cruz, Bolivie, environ 59 % des IWPAR reçoivent un salaire inférieur au salaire minimum. En revanche, bien que les IWPAR représentent la catégorie la moins payée de la chaine du recyclage, ils peuvent recevoir un salaire supérieur au salaire minimum comme au Brésil ou au Mexique.

Quelles contributions ?

IWPAR - Sénégal (© enda Europe)
IWPAR - Sénégal (© enda Europe)

Les IWPAR sont en quelque sorte des "prestataires d'un service public informel" de la gestion des déchets, ce qui devrait être reconnu par les autorités locales. La récupération, le réemploi et le recyclage informels des déchets sont des pratiques largement répandues. A HCMC, environ 7 000 tonnes de déchets solides municipaux sont produits chaque jour mais seulement environ 5900 tonnes sont collectées et traitées par la filière officielle: les IWPAR contribuent donc à plus de 60% à la gestion de ces déchets1. Ceci est du notamment, pour le service de ramassage officiel, à l'accessibilité très limitée des zones périphériques aux ruelles et chemins sinueux.
Ils contribuent notamment à :

  • l'amélioration de la santé et de l'assainissement publics,
  • la réduction des dépenses municipales car dans beaucoup de villes, les IWPAR fournissent le seul service de collecte de déchets solides. Une publication de 2010 d'ONU Habitat fait état de la prise en charge des IWPAR de 50-100 % de la collecte de déchets dans la plupart des villes des pays en développement à un coût zéro pour les municipalités,
  • la préservation de l'environnement. Non seulement les IWPAR détournent une grande quantité de matériel du circuit formel (une étude du GTZ/CWG de 2007 estime que les IWPAR collectent en moyenne 20 % des déchets  de 6 villes étudiées) mais via la récupération et le recyclage et l'éducation à l'environnement, ils réduisent les déchets, protègent les écosystèmes, réduisent le nombre de matières premières utilisés pour la production d'un nouvel objet et contribuent à la réduction des gaz à effet de serre via le compostage…
  • à générer des activités pour l'économie populaire, ce qui permet de sécuriser et d'améliorer les milliers d'emplois informels dans le ramassage et le recyclage des déchets.

1 Source: Division de la Gestion des Déchets Solides du Département Municipal des Ressources Naturelles et de l'Environnement de HCMC.

Des acteurs cruciaux mais marginalisés

IWPAR au repos - Dakar (© Paul Antoine Pichard)
IWPAR au repos - Dakar (© Paul Antoine Pichard)

En dépit de leur utilité écologique, sanitaire et économique, les IWPAR sont stigmatisés et sont contraints de quitter les villes (ex : fermeture de décharges publiques sans moyen de reconversion pour des centaines de familles). Les IWPAR sont souvent poursuivis en justice et ne sont pas à l'abri d'agressions physiques. Souvent, ils sont aussi confrontés à l'exploitation et l'intimidation des intermédiaires (ce qui affectent leurs salaires) et les femmes, nombreuses parmi les IWPAR sont particulièrement victimes des politiques d'exclusion à leur encontre.

Des conditions de travail difficiles et une protection sociale inexistante

IWPAR - Dakar (© Paul Antoine Pichard)
IWPAR - Dakar (© Paul Antoine Pichard)

La manipulation des déchets cause de nombreux risques pour la santé, exacerbés chez les IWPAR dû à leur exposition sans protection et quotidienne aux contaminants et matériaux dangereux, aux matières fécales, au papier saturé de matières toxiques, aux bouteilles contenant des résidus chimiques, aux résidus médicaux, aux aiguilles contaminées, aux métaux lourds contenus dans les batteries. Par ailleurs, ils risquent des blessures au quotidien, et particulièrement ceux travaillant sur les décharges à ciel ouvert (risque d'être renversé par un camion, de respirer des fumées toxiques, port d'objets lourds, posture statique, répétition de gestes, maux de dos…).

Qu'ils soient appelés catadores au Brésil, qorales en Ethiopie, zabbaleen en Egypte ou tout simplement recicladores en Colombie, aucun d'entre eux n'est couvert par un système officiel de sécurité sociale. La proportion de la population qui a accès à une couverture maladie formelle n'est pas significative dans les 4 pays du programme IWPAR. En Colombie, 62% de la population a officiellement accès à une assurance maladie1 dans le cadre d'une loi de 1993 qui a étendu la couverture maladie aux travailleurs informels. Mais ce n'est pas pour autant une réalité pour les recycleurs informels. Au Vietnam, la majorité de la population active a accès à une couverture maladie publique obligatoire, sauf les travailleurs informels. Les assurances santé privées ne sont pas encore implantées dans ce pays.

Une nécessaire organisation

Représentants des responsables de 7 arrondissements d’Ho Chi Minh
Représentants des responsables de
7 arrondissements d’Ho Chi Minh Ville
lors de la présentation du projet IWPAR
par l’équipe d’Enda Vietnam (9 Septembre 2011)

Les IWPAR sont traditionnellement connus pour leur indépendance et individualisme mais sont de plus en plus favorables à leur organisation afin d’avoir une voix commune pour se battre pour leur reconnaissance en tant qu’êtres humains et professionnels, pour leur droits et pour une place équitable dans les systèmes formels de gestion des déchets. Ils s’organisent de différentes manières: coopératives et associations, entreprises privées, syndicats, micro-entreprises … Certaines organisations sont exclusivement féminines afin de mieux se confronter aux stéréotypes de genre.

Enda promeut le regroupement des IWPAR au sein d’organisations depuis des années en Colombie, au Vietnam, à Madagascar, au Maroc, au Sénégal et en Ethiopie pour les mettre en position de discuter collectivement de leurs problèmes, renforcer leur reconnaissance par les autorités locales, leur permettre de travailler dans la légalité et à une meilleure prise en charge de leur santé (plans de prévention et accès aux services de santé et à une assurance maladie) …
La taille des organisations d’IWPAR dépend des pays et des régions :

  • En Amérique Latine, quelques organisations d’IWPAR sont aussi vieilles que la « Cooperativa Antioqueña de Recolectores de Subproductos », formée à Medellín, Colombie en1962. Cependant, la recrudescence des violences et un activisme plus poussé ont émergé dans les années 1990. "L’Asociación de Recicladores de Bogotá" (ARB) a été créée en 1990. En 2005, la première conference du réseau latino-américain des recycleurs (Latin American Waste Picker Network (LAWPN) s’est tenue au Brésil. Ce réseau inclut aujourd’hui des mouvements et associations de recycleurs de 16 pays différents.
  • En Inde, "l’Alliance of Indian Wastepickers" (AIW) est un réseau national de 35 organisations de recycleurs présent dans 22 villes. Un syndicat des recycleurs a aussi été créé, connu sous le nom de KKPKP.
  • En décembre 2010, le “Global Alliance of Waste Pickers and Allies” est intervenu à la Conférence des Nations Unies pour le changement climatique (COP 16) à Cancun, Mexique pour attirer l’attention internationale sur le besoin de politiques globales respectueuses de la valeur de leur travail.

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